
Parfaitement intégré dans l'espace naturel, le programme a été pensé pour favoriser le bien-être des enfants et la luminosité.
Conçu en lien étroit avec son environnement, ce nouvel équipement s’inscrit dans une approche architecturale sobre et paysagère. Imaginé par l’agence HEMAA, il associe construction en pisé porteur, structure bois et espaces extérieurs végétalisés afin de créer un lieu d’apprentissage ouvert sur le vivant.
Le projet du Pôle enfance et sportif d’Évry-Courcouronnes (91) s’organise autour d’une lecture attentive du site et de sa topographie naturelle. Implanté dans la pente, avec une intervention limitée sur le terrain, l’ensemble architectural cherche à préserver le paysage existant, tout en limitant l’artificialisation des sols. Cette approche permet au projet de s’inscrire de manière naturelle dans le parc voisin, sans rupture forte avec le relief. Le programme pensé par l’agence HEMAA se compose de cinq entités distinctes: une école maternelle, une école élémentaire, un relais d’assistantes maternelles, un lieu de restauration et une tribune sportive. Ces différents volumes prennent place autour d’une cour-jardin centrale, pensée comme une aire protégée du vis-à-vis de la rue, tout en restant largement ouverte sur le panorama. L’organisation du site privilégie les continuités visuelles et les circulations douces. De fines passerelles vitrées assurent les liaisons entre les divers bâtiments, favorisant les vues traversantes et l’apport de lumière naturelle.

Cette «fragmentation» volontaire des volumes permet également de réduire l’impact visuel du programme et de maintenir une échelle adaptée aux usages scolaires. À l’extérieur, les aménagements prolongent cette logique d’intégration paysagère. Des cheminements piétons serpentent entre les nouvelles plantations et relient les différentes fonctions du site au parc. Le jardin d’enfants, imaginé comme une «forêt apprivoisée», accueille chênes, frênes, érables et ormes autour d’espaces ouverts dédiés aux jeux et aux activités extérieures. Inspiré des principes du Waldkindergarten, courant pédagogique développé autour de l’apprentissage en milieu naturel, le projet fait du rapport au paysage et au vivant un élément central du quotidien des petits.
Le choix des matériaux participe également à cette volonté d’ancrage territorial et environnemental. L’écriture architecturale repose sur une association entre des façades en pisé porteur et une structure bois. Utilisé comme matériau structurel, le pisé (associé à une isolation en chanvre, lin et coton) apporte une forte inertie thermique tout en limitant l’empreinte carbone des bâtiments. Au total, 665 m³ de terre, en provenance des déblais des tunnels du métro du Grand Paris Express, ont été utilisés pour les murs extérieurs. Son aspect minéral et sa teinte naturelle permettent une insertion discrète dans le parc et rappellent les caractéristiques géologiques du site.
À l’intérieur, le bois constitue l’ossature principale des bâtiments scolaires et périscolaires, avec une charpente en épicéa lamellé-collé constituée de poutres espacées de 2 mètres. Au cœur des volumes, elles prennent appui sur des panneaux en CLT, assurant le contreventement le long des circulations. Pour les façades, les poutres sont intégrées dans les murs en pisé et reposent sur des empochements réalisés à la chaux sous les éléments en terre. Du côté des parois vitrées, les portées sont assurées par des poteaux en bois, implantés à l’intérieur du bâtiment, dans l’alignement des châssis. L’ensemble est complété par une poutre de rive périphérique continue, fixée au pisé par l’intermédiaire de platines autorisant les mouvements de dilatation tout en reprenant les efforts de torsion. Ce dispositif permet de rigidifier la structure et de stabiliser les murs en terre, de manière que les poutres intégrées dans le pisé ne travaillent qu’en compression.
L’utilisation du bois répond ici à plusieurs objectifs: la réduction de l’impact environnemental, la préfabrication partielle des éléments constructifs en atelier et l’amélioration du confort des enfants. Sa présence est également pensée dans une logique d’usage. Laissé volontairement apparent dans les espaces intérieurs, il contribue à créer une atmosphère chaleureuse, adaptée aux fonctions éducatives. Associé à la lumière naturelle apportée par les ouvertures et les passerelles vitrées, il participe à la qualité de vie recherchée par les concepteurs. Le dialogue entre bois et pisé constitue enfin une traduction architecturale du paysage du parc des Loges, auquel le projet fait directement référence. Au dessus des bâtiments, les toitures végétalisées en berceaux (15 à 20 cm de substrat) renforcent le confort thermique et la gestion naturelle des eaux, tandis que des brise-soleil orientables et de larges débords de toiture régulent l’ensoleillement. En soubassement enfin, un béton bas carbone matricé, ponctué d’allèges vitrées à 60 cm, apporte robustesse, lumière et intimité pour les plus petits.

Au-delà de l’architecture et des choix constructifs, le projet se distingue par une attention particulière portée aux usages quotidiens et au bien-être des occupants. La fragmentation du programme en plusieurs espaces autonomes permet d’identifier clairement chaque fonction, tout en facilitant les circulations. Cette organisation aide également à limiter les nuisances sonores entre les structures scolaires et périscolaires. Les passerelles vitrées jouent un rôle central dans le fonctionnement du site, assurant les connexions entre les bâtiments et créant des lieux de transition ouverts sur le paysage. Cette transparence favorise les vues croisées et maintient un lien permanent avec les espaces végétalisés extérieurs. Le traitement paysager participe lui aussi au fonctionnement global de l’équipement. Les plantations réalisées autour du projet permettent d’accompagner les cheminements, de créer des zones ombragées et de renforcer la biodiversité du site. La clairière aménagée au sein du jardin d’enfants constitue enfin un espace polyvalent dédié aux activités libres et aux temps de récréation.
Plus qu'un simple équipement scolaire et périscolaire, ce programme cherche avant tout à offrir un cadre d’apprentissage en lien avec son environnement naturel, faisant du rapport au vivant un élément central de la conception et de l’occupation des lieux.
Localisation : Évry-Courcouronnes (91).
Maîtrise d’ouvrage : Ville d’Évry-Courcouronnes.
Architecte : HEMAA.
Bureau d’études TCE & Économie : Ana Ingénierie.
Charpente bois : Cunin (groupe Morlot).
Couverture-étanchéité : Sarmates.
Menuiseries extérieures, occultations : Diter.
Menuiseries intérieures : Pescia Menuiserie et Bâtiment.
Livraison : 30 août 2025.
Surfaces de plancher : 2 444 m² + 50 parkings sous-terrain + 3 854 m² d’extérieurs.
Budget : 11 millions d’euros.
Labels et certifications : E+C- (e3c2), label Bâtiment biosourcé, certification HQE V3 (niveau Excellent).






