
L’Union des métiers du bois (UMB) de la FFB a réuni ses membres et partenaires à Valence (26) début juin, à l’occasion de son assemblée générale annuelle. L’occasion de revenir sur les travaux entrepris au cours des douze derniers mois, et de faire le point sur l’actualité de la filière.
Cette année, l’UMB-FFB prenait ses quartiers d’été dans la Drôme pour une nouvelle assemblée générale ensoleillée et au programme chargé. Après une visite de l’entreprise SFS Intec, partenaire d’Irabois (entité R&D de l’UMB-FFB), et un panorama de la filière forêt-bois locale assuré par Jean-Louis André, président de la section Charpente Menuiserie à la FFB Drôme-Ardèche (voir encadré), Philippe Roux, président de l’UMB-FFB, et les présidents des commissions techniques et transversales de l’union entament la restitution des travaux des différentes commissions, dont voici un aperçu.
Comme chaque année, l’actualité réglementaire évolue avec une nouvelle réglementation sur l’affichage des COV sur les meubles, qui entrera en vigueur à l’horizon 2020 et pour laquelle la FFB « se bagarre pour que ça ne s’applique pas à [ses] métiers ». La fédération réclame à ce titre l’exclusion des entreprises de travaux et celle des séries de meubles inférieures à 10 exemplaires identiques.
Autre réclamation de l’union concernant l’obligation d’isolation thermique en cas de travaux de rénovation importants pour tout devis signé depuis le 1er janvier 2017. Une obligation, fixée par un arrêté en date du 30 mai 2016, qui exclut les parois vitrées et prévoit de nombreuses dérogations. La FFB propose de supprimer cet arrêté qui peut ne jamais s’appliquer puisque les voies de dérogation sont très souples. Un premier retour d’expérience a d’ailleurs montré que la grande majorité des chantiers a pu bénéficier de dérogation, d’où une réelle interrogation quant à la pertinence de cet arrêté…
Après l’isolation thermique, place à l’isolation acoustique en cas de travaux de rénovation pour les bâtiments construits en zone de bruit. Une obligation entrée en vigueur le 1er juillet, pour laquelle la FFB est actuellement en train de rédiger un guide d’accompagnement destiné aux entreprises. Si la FFB n’est pas opposée à son application, elle tient toutefois à souligner « la difficulté d’utilisation des cartes de bruit » et rappelle le besoin d’effectuer des études acoustiques en cas de très fortes nuisances.
Réglementation toujours avec le projet de révision du règlement des produits de construction élaboré en 2013, afin de clarifier et d’uniformiser les règles d’application du marquage CE des produits de construction au sein du marché européen. Quatre ans après son entrée en vigueur, la Commission européenne souhaite y apporter certaines modifications, dont la simplification des normes et l’augmentation de la surveillance de marquage, qui reçoivent l’appui de la FFB. À l’inverse, la proposition de suppression des marques nationales constituerait « un frein à la libre circulation; et la suppression de la dérogation au marquage CE dans le cas d’un contrat de louage d’ouvrage ne reçoit l’appui ni de la FFB ni de ses unions et syndicats, indique Adrien Parquier, responsable technique Menuiserie extérieure-Enveloppe. Une réunion est d’ailleurs prévue fin juillet pour finaliser la position française. »
Si l’actualité réglementaire est en constante évolution, il en va de même du côté de la normalisation. Au niveau de l’isolation tout d’abord, avec la création d’un nouveau NF DTU 45.10. Issu du Cahier de prescription technique du CSTB datant de juin 2009, il portera sur l’isolation des combles par panneaux ou rouleaux en laines minérales manufacturées.
Évolution aussi dans le secteur de la construction bois avec la publication du NF DTU 31.1 charpente en bois et le départ à l’enquête publique du NF DTU 31.2 mur à ossature bois « après six ans de révision », précise Rodolphe Maufront, responsable technique Charpente-Construction bois. Sans oublier la révision du NF DTU 43.4 toiture-terrasse sur support bois qui datait de 2008, et l’avancée du nouveau NF DTU 31.4 façade à ossature bois qui partira bientôt à l’enquête.
Pour la menuiserie extérieure, la rédaction de l’avant-projet du NF DTU 36.5 fenêtres et portes extérieures est terminée. Il intégrera entre autres les travaux RAGE 2012 sur l’ossature bois, les doubles-fenêtres ou l’ITE, l’imposition d’un taux de perte ou de gain de clair de vitrage en rénovation, des solutions seuil PMR ou une mise en œuvre des menuiseries bois selon la NF P23305 et mixtes selon la norme XP P23 308. Bonne nouvelle également pour le NF DTU 51.4 platelages extérieurs qui devrait bientôt partir à l’enquête.
Concernant la menuiserie intérieure, Benoît Cauchard, responsable technique Menuiserie intérieure-Agencement, souligne que « les NF DTU 51.1 et 51.11 consacrés aux parquets cloués et flottants entreront en révision courant 2018. » Les nouveaux NF DTU 36.2 menuiseries intérieures en bois et 36.3 escaliers en bois sont quant à eux sortis. Le NF DTU 51.2 parquets collés partira à l’enquête publique cet été pour un dépouillement prévu en 2018-2019.
Enfin, pour ceux qui souhaiteraient tout connaître des dernières actualités normatives, des Calepins de chantier dédiés à la charpente (NF DTU 31.1) et aux planchers mixtes bois béton sont désormais disponibles. Tandis que de nouveaux ouvrages autour du CLT, de la prescription des vitrages, des escaliers en bois, de la menuiserie intérieure ou de la menuiserie dans l’ossature bois ou avec ITE devraient prochainement voir le jour.
Des parquets aux PV feu, en passant par les menuiseries extérieures, l’UMB-FFB travaille. En témoigne la réalisation de nombreuses études au cours des derniers mois, dont un premier projet Ademe/FFB sur les déchets bois du BTP. Objectif? Trouver de nouvelles filières de valorisation des déchets de bois B en les caractérisant au niveau combustion par familles et par niveaux. Pour y parvenir, reste désormais à mieux structurer l’offre de déchets de bois, à développer la collecte en réduisant l’enfouissement et l’export, à développer le tri des différentes classes de déchets ou à promouvoir le recyclage.
Une autre étude, intitulée « État de l’art sur pièces humides et construction bois », vient d’être lancée. Soutenue par le Codifab et réalisée par FCBA et le CSTB, elle s’intéresse à la protection du gros œuvre bois (sol et mur) vis-à-vis de l’eau au droit des éléments sanitaires, ainsi qu’aux problématiques induites par les accès PMR dans les pièces humides.
Le pôle fenêtre de la FFB finalise pour sa part une étude autour du gain énergétique pour le remplacement des fenêtres et/ou volets en action seule sur cinq types de bâtiments existants. Confiée à un prestataire [l’entreprise Pouget, NDLR], elle vise à fournir des arguments en faveur du maintien du CITE, de l’Éco-PTZ et de la TVA à 5,5 % en 2018.
Enfin, le travail mené par Irabois auprès des PV feu gaines et trappes de visites se poursuit avec des PV désormais disponibles sur le site d’Irabois via une interface numérique dédiée, et 23 adhésions pour 189 trappes et gaines EI15 ou EI30 depuis un an. Dans les mois à venir, les travaux se poursuivront pour répondre aux demandes des entreprises adhérentes aux PV autour de la validation acoustique sur les trappes EI15 et EI30; ou de la validation au feu sur supports flexibles pour ses mêmes trappes, pour les gaines sans recoupement horizontal et pour les fixations des gaines par-dessus les supports.
Sans oublier de nombreuses autres études et recherches menées ces dernières années au sein de la filière sur les parquets sur sols réversibles, la résistance aux chocs des parois à ossature bois, la perméabilité des panneaux à la vapeur d’eau, les finitions pour maintenir dix ans l’esthétique des menuiseries bois, les vitrages collés sur châssis bois ou les FDES des parquets massifs et contrecollés. D’autres projets, toujours plus nombreux, occuperont l’union et l’ensemble de la filière pendant les prochaines années.
En marge de l’actualité réglementaire ou normative, cette assemblée générale était aussi l’occasion d’évoquer les tout derniers chiffres – pas forcément au beau fixe – de la construction bois malgré des perspectives plus encourageantes pour l’année 2017, de saluer l’arrivée de Christian Larrouy, président de Pyrénées Charpentes (65), à la tête des Charpentiers 21; de revenir sur le lancement du nouveau label E+C- (voir BOISmag n° 166) qui préfigure la future réglementation Énergie et Environnement de demain, ou d’évoquer l’actualité de la filière au sens large en termes d’actions (Woodrise, Plan Bois III, BIM, Adivbois…) ou de communication (campagne FBF).
Bref, une assemblée générale toujours aussi riche en informations, qui témoigne une fois de plus de la diversité des travaux réalisés au sein de l’UMB et de la filière pour faire avancer la forêt et le bois, et accompagner les professionnels dans l’évolution de leurs métiers.
• 611000 hectares de surface forestière;
• taux de boisement supérieur à 50 %, contre 29 % au niveau national;
• taux de récolte de 29 % (47 % en France) du fait du relief, d’une gestion non optimisée et du manque de bois d’œuvre;
• 510 millions d’euros de CA pour la filière bois, surtout pour la 2e transformation;
• plusieurs pôles de formation dont un CFA qui propose un CAP menuiserie et un CAP charpente depuis 2016.