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« Le bois a de belles cartes à jouer »

N° 236 juin 2026•Lecture 8 min
© Marc Roger

Le Carrefour international du bois ouvrira ses portes le 2 juin.

À quelques semaines de son ouverture à Nantes, le Carrefour international du bois confirme son statut de rendez-vous stratégique pour l’ensemble de la filière forêtbois. Porté par une dynamique de marché toujours soutenue, malgré un contexte géopolitique incertain, l’événement poursuit sa montée en puissance sur le plan tant de son attractivité que de son positionnement international. L’occasion d’évoquer les attentes des exposants et des visiteurs, et de détailler les orientations du salon avec sa commissaire générale, Géraldine Cesbron. Interview.

Comment s’est passée la commercialisation de cette nouvelle édition du Carrefour international du bois (CIB) ?

La commercialisation s’est très bien passée. On surfe, depuis plusieurs éditions, sur une demande très positive, dont nous sommes agréablement surpris. La particularité du CIB est qu’il a un ciblage très précis, qui suscite un grand intérêt. Nous étions déjà complets fin décembre-début janvier, et nous avons dû mettre certains exposants sur liste d’attente, sachant qu’il y a toujours des désistements et des recalages de dernière minute. Cet engouement des professionnels pour participer au salon est un bon indicateur du dynamisme du marché, à l’œuvre depuis quelques années.

Géraldine Cesbron, commissaire générale du Carrefour international du bois.

Quelles seront la part des nouveaux venus et celle des exposants étrangers ?

Depuis plusieurs éditions, nous sommes sur un léger turnover, avec une moyenne de 80 % de fidèles et 20 % de nouveaux exposants. Concernant leur provenance, nous totalisons 40 % d’étrangers, une proportion assez stable depuis maintenant trois éditions. C’est un bon équilibre qui permet au salon de rester un rendez-vous porteur pour la filière forêtbois française, tout en proposant une offre internationale suffisamment conséquente.

Comment les exposants et les visiteurs appréhendent-ils la nouvelle répartition des stands depuis l’ouverture du hall XXL en 2024 ?

Le hall XXL était une volonté de notre part depuis quelques années. Cela faisait longtemps que nous souhaitions modifier la sectorisation du salon, car celui-ci a grossi, évolué, et nous avions besoin de structurer l’offre. En 2022, nous avons organisé un premier salon post-Covid, en décidant de ne rien changer à sa forme. C’était une sorte de sécurisation pour voir si les professionnels étaient de retour. En 2024, nous avons enfin repensé l’agencement du salon, avec la sectorisation des halls. Au début de cette édition, nous avons eu quelques retours relatifs à des problèmes de visibilité et de clarté. Mais il était essentiel de passer ce cap. Sectoriser un salon est toujours très compliqué, et il est difficile de changer les habitudes des visiteurs et des exposants. Mais après beaucoup de pédagogie et d’explications, l’ensemble des participants était ravi à l’issue des trois jours de l’événement, notamment pour ce qui est de l’organisation des flux et du parcours de visite. Il y a bien sûr quelques pistes d’amélioration concernant la signalétique, sur lesquelles nous travaillons pour l’édition 2026.

Le succès du CIB ne se dément pas.

Quels seront les nouveautés, les temps forts et les grandes thématiques de cette édition ?

En 2024, les nouveautés portaient plus particulièrement sur l’organisation de la manifestation, avec le changement des jours d’ouverture et la sectorisation des halls. Cette année, nous avons cherché à revoir le contenu du salon, en ajoutant de nombreuses animations pour que tous les visiteurs puissent y trouver leur compte :

• Au niveau des conférences, nous proposerons un espace dédié dans le Grand Palais avec Fibois Pays de la Loire ; une zone de pitchs dans le hall 1 ; et le plateau de télévision situé dans le hall XXL.

• Un espace Innovation se tiendra au cœur du hall 1 avec l’École supérieure du bois, Xylofutur et Noveha. Il accueillera des démonstrations de réalité mixte, des projets de recherche et des innovations, comme une table de sciage fabriquée par un étudiant de l’ESB ou une capsule en bois démontable baptisée « Playground »…

• Le hall 2 hébergera pour sa part l’espace « UpFib », consacré aux marques des employeurs et à l’attractivité des métiers. L’idée étant d’apporter des outils concrets aux PME de la filière via une collaboration avec l’Apec et France Travail. • Sur la mezzanine, un espace sera dédié aux solutions bois et biosourcées (chanvre, paille, terre crue, roseau…). Plusieurs animations et démonstrations de mise en œuvre seront par ailleurs réalisées en collaboration avec le Collectif biosourcé des Pays de la Loire.

• Nous lançons également un baromètre inédit auprès des exposants, en partenariat avec l’Ifop. Dans une filière qui n'est pas toujours très riche en chiffres, il offrira la possibilité de prendre le pouls du marché et de recueillir le sentiment des exposants. Les résultats de ce sondage feront d’ailleurs l’objet d’une conférence qui se déroulera le 2 juin prochain sur le salon. Au-delà du Carrefour international du bois, la volonté serait de faire vivre ce baromètre tous les ans, en envoyant un questionnaire à toute notre base d’exposants nationaux et internationaux. Pour l’instant, nous avons des retours plutôt positifs à ce sujet, et l’idée semble créer un certain engouement…

• Enfin, cette nouvelle édition sera l’occasion d’inaugurer un nouvel espace pour les visiteurs internationaux, qui viennent parfois de très loin. Nous avons œuvré avec l’École supérieure du bois pour concevoir un lieu confortable où travailler et se reposer, avec des modules dédiés qui seront installés dans le Grand Palais.

Cette édition 2026 a pour thématique « Au cœur des marchés ». Dans un contexte national et international impacté par une succession de crises géopolitiques, comment rassurer les professionnels de la filière ? Avez-vous un message à leur délivrer à quelques semaines du salon ?

Même s’il y a beaucoup d’incertitudes sur le plan international, nombre de choses que l’on ne maîtrise pas, la dynamique du marché est là ! Que ce soit au niveau de la RE 2020, de l’essor des matériaux biosourcés ou de la lutte contre le changement climatique… le bois a de belles cartes à jouer. Les récentes élections municipales ont également ouvert la voie à de nouveaux marchés, notamment en ce qui concerne le bois construction. Il faut montrer que notre matériau est dynamique, qu’il doit faire partie de la transition écologique et énergétique. Aujourd’hui, notre filière est en plein développement. De nombreuses entreprises ont investi pour moderniser leur outil de production et structurer leur offre. Le CIB sera aussi l’occasion de présenter tout cela. Enfin, en ces temps perturbés par le contexte géopolitique, mieux vaut éviter le repli sur soi. Le CIB arrive au bon moment : oui, la situation est compliquée, mais ce n’est pas en restant isolé que tout cela va s’arranger. Il faut venir au salon pour s’ouvrir, faire des affaires, rencontrer de nouveaux fournisseurs, parler des approvisionnements, des prix… et peutêtre trouver des solutions.

Sur le plan environnemental, quelle place occupent les enjeux de décarbonation, de traçabilité et de réglementation dans les différents échanges commerciaux aujourd’hui ? Observez-vous une évolution des attentes des professionnels sur ces sujets ?

Tous ces enjeux sont en effet au centre des préoccupations des professionnels du secteur. Et le salon est justement là pour les informer grâce à un programme de conférences conçu pour répondre à ces questions. Ainsi, de nombreuses thématiques en lien avec l’actualité de la filière seront abordées, à l’image de la santé des forêts, des nouvelles obligations du RDUE, du réemploi du bois en structure, du hors-site ou des horizons inédits du bois français…

Combien de professionnels espérez-vous accueillir à Nantes pour ce CIB 2026 ? Et quelles sont vos attentes quant à la tenue de cette nouvelle édition ?

Cet événement rassemblera un peu plus de 630 exposants dans l’ensemble des halls. Côté visiteurs, nous avons eu 13 500 professionnels en 2024 et nous espérons faire aussi bien cette année. La particularité du CIB réside dans son ouverture à l’international. Il y a deux ans, nous avons reçu 40 % de visiteurs étrangers, en provenance de plus de 100 pays, dont la Mongolie, la Nouvelle-Zélande ou l’Australie… Ce qui témoigne de la reconnaissance du salon dans le monde entier.

Plus de 630 exposants sont attendus à Nantes.

Comment le CIB a-t-il évolué ces dernières années dans un contexte de forte tension sur les marchés du bois ? Et quelle est aujourd’hui sa place face aux autres grands rendez-vous européens de la filière ?

Le CIB occupe une place à part. C’est un salon de filière sur le matériau bois, et non un salon sur le bois ou le bâtiment. Comme Jean Piveteau a coutume de le dire : « Il faut y trouver tous les produits issus de l’arbre. » Ce positionnement en fait un modèle unique en Europe. Il existe un vrai lien entre les exposants et l’organisation, une confiance qui fait la notoriété du salon.

Quels seront, selon vous, les grands défis pour la filière bois d’ici la prochaine édition ? Et comment le salon entend-il accompagner ces mutations ?

Dans une période incertaine, il est difficile de prédire l’avenir. De grands enjeux déjà à l’œuvre vont se poursuivre dans les années à venir, comme la dynamique autour du bois construction, l’adaptation de la ressource au changement climatique, le reboisement et la replantation ou le dialogue forêt-société-filière…

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Article paru dans le N° 236 · juin 2026Voir le numéro

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