
La préfabrication s’adapte parfaitement aux bâtiments scolaires. Ici, la cantine de Saint-Jean-le-Blanc (45).
Spécialiste historique de la construction industrialisée, devenue depuis entreprise générale, l’affaire familiale OBM Construction poursuit son but : promouvoir la construction bois et le matériau bois. Un travail de longue haleine qui lui permet de se développer et d’envisager de nouveaux marchés.
L’activité d’une entreprise est, en résumé, la réponse à une demande souvent liée à une conjoncture bien précise. Concernant la société OBM Construction, basée près d’Orléans (45), cette analyse ne s’est jamais autant vérifiée. Si elle a commencé à se développer pendant les années 1960, c’était pour faire face à l’afflux d’enfants issus du baby-boom : l’Éducation nationale avait besoin en urgence de bâtiments pour pouvoir les accueillir. Une occasion en or pour la jeune société qui a démarré son activité avec des préfabriqués. Cette caractéristique restera sa marque de fabrique, malgré le changement de statut. OBM Construction est en effet aujourd’hui une des rares entreprises générales spécialisées dans le bois en France, voire l’unique. « Le marché des préfas scolaires a forcément fini par diminuer, constate Olivier Messeant, directeur général de la société, et OBM Construction a commencé à produire ses propres panneaux de construction préfabriqués en atelier. »
À l’heure actuelle, l’activité d’OBM Construction se partage entre la construction bois et la construction industrialisée utilisant d’autres matériaux comme le métal, avec une petite place laissée au modulaire. Surtout, l’entreprise s’évertue à mettre en avant les avantages du matériau bois. « Lorsqu’un architecte imagine initialement un bâtiment en béton, nous cherchons à proposer une solution identique mais en bois », se félicite le dirigeant. Ossature, caisson, lamellé-collé, voire CLT… sont autant de techniques de construction maîtrisées par OBM, malgré la réticence vis-à-vis du matériau bois à laquelle ils doivent faire face. « Le bois a déçu car on a chargé de trop petites entreprises inexpérimentées de chantiers trop complexes, d’où un résultat final très moyen et peu avantageux. Il faut une professionnalisation dans la construction bois et effectuer une pédagogie auprès des clients. » L’entreprise ne réfléchit pas pour autant aveuglément en bois. « Nous n’avons pas vocation à forcément mettre du bois partout, il s’agit plutôt de mettre le bon matériau au bon endroit, en particulier selon les calculs de descente de charges. » La mixité des matériaux est d’ailleurs souvent utilisée par l’entreprise de 160 collaborateurs, qui dispose également d’un atelier de charpente métallique sur son site de Chevilly (45).

Avec environ 200 m² de murs préfabriqués en bois qui sortent de l’atelier chaque jour, l’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires pour l’exercice 2016 aux alentours de 60 millions d’euros. Un chiffre qu’Olivier Messeant aimerait voir quasiment doubler d’ici à 2020, pour atteindre les 100 millions de CA. « Cela peut paraître ambitieux, assume le directeur général, mais c’est tout à fait réalisable en considération du marché. 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, ce sera peut-être compliqué, mais 100 millions d’euros de prises de commandes, c’est tout à fait envisageable. » Par exemple, au premier semestre 2017, OBM Construction a déjà enregistré 30 millions d’euros uniquement en carnet de commandes pour l’année 2018. Pour atteindre ce niveau de croissance, la société diversifie ses activités. Depuis quelque temps déjà, elle s’est lancée dans la production d’escaliers métalliques et de mannequins bois pour le béton. « Deux productions simples, standardisées et rapidement rentables. Mais nous envisageons également une croissance externe. »
Le dirigeant d’OBM Construction a déjà ciblé trois domaines d’activité vers lesquels se porter. Le premier s’assimilerait plus à un renforcement de la compétence industrielle de l’entreprise, en rachetant une société spécialisée dans la charpente bois. OBM Construction est habituée à cette façon de procéder, notamment avec les rachats par le passé des sociétés MRB, SCB Maulay ou encore Atemco pour la production de murs à ossature bois et le modulaire. Mais surtout, l’entreprise générale souhaite se tourner vers le marché de la réhabilitation, du réaménagement et de la rénovation. « Grâce à nos qualifications, estime Olivier Messeant, nous nous positionnons désormais sur le marché des lots structure bois en corps d’état séparés. » Enfin, le dirigeant aimerait associer une ingénierie au savoir-faire d’OBM Construction, à travers les deux bureaux d’études en avant-projet et exécution intégrés à la société.

Dans l’attente de ces évolutions, l’entreprise est en passe de terminer l’assemblage de son showroom présentant tous ses systèmes constructifs sur son site de Chevilly. De quoi valoriser un peu plus ses compétences auprès des clients.