BOISmag 235
La scierie française
prête au rebond
Crise durable, marchés chahutés, ressource sous pression : depuis quelques années, la scierie française traverse une zone de turbulences… mais ne plie pas. Les professionnels du secteur font face à un enchaînement de tensions entre le recul de la construction, des coûts toujours plus élevés, des difficultés d’approvisionnements
et des incertitudes économiques. Et pourtant, sur le terrain, le mouvement est tout autre. Les scieries n’attendent pas la reprise, elles se reconfigurent. Modernisation des outils de production, automatisation, montée en gamme et diversification des produits, intégration de la deuxième transformation… En quelques années, le secteur a changé de visage. Moins d’entreprises, mais des volumes qui se maintiennent. La productivité progresse, les stratégies s’affinent. La valeur ne se joue plus seulement sur les quantités, mais se construit dans la capacité à transformer, assembler et proposer des solutions sur mesure. La scierie devient un acteur de services autant que de production.
Autre mutation à l’oeuvre, la force du travail collectif. Groupements, mutualisations, stratégies communes… dans un marché de plus en plus volatil, travailler ensemble n’est plus une option, mais une opportunité.
Reste une inconnue : la demande. Le redémarrage de la construction, la dynamique de la rénovation et les arbitrages publics seront déterminants. Le bois a des atouts, encore faut-il qu’ils soient pleinement reconnus. Si le rebond ne sera ni immédiat ni uniforme, la scierie française est déjà en ordre de marche et compte bien transformer l’essai.
Adèle Cazier
